Tu te sens à côté de ton business ? Tu n’es pas seule. Cet article t’invite à interroger les modèles dominants de l’entrepreneuriat et à (re)poser les bases d’une activité plus consciente, respectueuse de ton rythme et de tes valeurs.
Tu coches toutes les cases : une activité lancée avec passion, des clientes satisfaites, des idées plein la tête.
Et pourtant… quelque chose grince.
Ce n’est pas du doute permanent, ni un ras-le-bol total. C’est plus subtil. Une fatigue qui ne dit pas son nom. Une impression de s’être perdue un peu en route. Une voix intérieure qui murmure : Pourquoi je fais tout ça ? Et pour quoi ?
Pendant longtemps, on t’a vendu une vision de l’entrepreneuriat comme une promesse d’émancipation. De liberté. D’alignement. Mais à l’usage, tu découvres que cette promesse peut se transformer en piège : course à la visibilité, à la performance, à la croissance. Et toi, là-dedans, tu fais comment pour rester fidèle à ce que tu es vraiment ?
Cet article n’est pas là pour te donner des leçons ! Entreprendre en conscience, c’est une invitation à reposer les bases. À regarder ton activité autrement : non pas comme un escalier à gravir à tout prix, mais comme un terrain d’exploration où ton rythme, ton énergie et ta lucidité ont toute leur place.
L’illusion d’un entrepreneuriat “idéal” (et pourquoi ça coince)
1. Ce qu’on te vend (et ce que tu vis)
Quand on parle d’entrepreneuriat aujourd’hui, on te vend une image bien lisse. Un business à six chiffres. Un agenda parfaitement maîtrisé. Des routines du matin, des tunnels de vente automatisés, et la promesse de liberté.
Mais dans les coulisses, la réalité est tout autre : tu bosses le soir en silence, tu culpabilises de ralentir, tu jongles entre ta vie perso et les urgences du quotidien… et tu te demandes comment font les autres pour « réussir » sans s’épuiser.
2. Les injonctions entrepreneuriales modernes
Derrière l’enthousiasme du “je me lance à mon compte” se cachent souvent des injonctions sourdes, mais puissantes :
- Sois productive. Tout le temps.
- Sois visible. Chaque jour.
- Sois stratégique. Avec un plan, un tunnel, une promesse claire.
- Sois inspirante. Mais pas trop dérangeante.
- Sois alignée. Mais performante.
Le message est clair : si tu veux que ça marche, tu dois cocher toutes les cases. Et vite.
👉 Le problème, ce n’est pas de vouloir réussir.
👉 Le problème, c’est de devoir le faire dans un système qui nie les différences, les rythmes, et les réalités de chacun.e.
3. Un modèle dominant… qui fatigue
Ce modèle entrepreneurial dominant, très inspiré du monde startup et du développement personnel, repose sur un mythe : celui d’un individu libre, volontaire, illimité, prêt à “passer à l’action” à tout moment.
Mais quand tu es une femme, parfois maman, multipotentielle, avec un rapport complexe à l’autorité, au temps, au corps…
Alors ce modèle devient une prison invisible. Tu te compares, tu doutes, tu culpabilises. Tu cherches à faire comme il faut. Mais ce “comme il faut” n’a pas été pensé pour toi.
4. Ce que ça crée : tension, fatigue, confusion
À force de suivre les règles d’un jeu qui n’est pas le tien, tu t’épuises. Tu continues d’avancer, mais avec une charge mentale énorme. Tu développes ton activité, mais en te coupant parfois de ce qui t’a donnée envie de créer à la base.
Ce n’est pas que tu t’y prends mal.
C’est que l’on t’a rarement montré qu’il était possible de faire autrement.
- Avec plus de lenteur.
- Avec plus de conscience.
- Avec plus de respect pour qui tu es vraiment.
Entreprendre autrement : un choix possible (et vital)
1. Vers un entrepreneuriat plus lucide
Et si le problème ne venait pas de toi, mais de la manière dont on t’a appris à entreprendre ? Et si, au lieu d’essayer de mieux rentrer dans le moule, tu changeais de moule ?
C’est là qu’entre en jeu une autre posture : l’entrepreneuriat en conscience.
Pas une méthode miracle. Pas une stratégie à appliquer. Mais une façon d’être, de créer, de choisir qui soient plus lucides, plus alignées, plus vivantes.
👉 Il ne s’agit pas de faire moins.
👉 Il s’agit de faire autrement. Avec intention. Avec respect. Avec sens.
2. Entrepreneuriat conscient : définition et repères
Concrètement, entreprendre en conscience, c’est :
- Se demander régulièrement “Est-ce que ce que je construis me ressemble ?”
- Remettre en question ce qui ne te convient plus (même si ça a marché un temps)
- Intégrer ton corps, ton énergie, ton écologie intérieure dans tes choix pro
- Refuser les raccourcis qui coûtent cher à long terme (épuisement, perte de sens, dépendance à des modèles extérieurs)
Ce n’est pas une posture figée, c’est un chemin. Parfois inconfortable. Parfois flou. Mais infiniment plus juste.
Et surtout : ça te redonne du pouvoir.
Le pouvoir de ralentir. De dire non. De créer des offres qui respectent ton rythme.
Le pouvoir de ne plus sacrifier ta santé mentale pour “tenir la route”.
3. Lien entre santé mentale, énergie et entreprise
On parle beaucoup de stratégie, de croissance, de visibilité. Mais très peu de santé mentale dans l’entrepreneuriat.
⭐ Et pourtant, c’est un pilier invisible, mais essentiel.
Entreprendre sans tenir compte de ton énergie réelle, de tes émotions, de ta charge mentale… c’est comme construire une maison sans fondations.
Quand tu travailles seule, sans filet, avec mille casquettes, la frontière entre le pro et le perso s’efface vite. Et ce flou peut devenir un vrai terrain de souffrance : fatigue chronique, perte de motivation, dévalorisation constante.
Repenser ton activité avec une approche éthique et écologique, ce n’est pas un luxe. C’est une nécessité.
4. Créer avec ton identité, pas contre elle
Tu n’as pas à devenir quelqu’un d’autre pour réussir. Tu n’as pas à te formater.
Tu peux entreprendre depuis ce que tu es, dans toutes tes dimensions, même les plus complexes. Ton hypersensibilité, ton besoin de lenteur, ton esprit critique, ton intuition, ta manière de sentir les choses… tout cela peut devenir un socle.
C’est ça, aussi, entreprendre autrement : créer un cadre dans lequel ton identité n’est pas un obstacle, mais une ressource.

5 questions pour (re)poser les bases de ton activité
Quand tu te sens décalée dans ton propre business, quand tu avances sans trop savoir si tu es encore sur le bon chemin, il peut être tentant de chercher une nouvelle méthode, une stratégie plus claire, une énième to-do list.
Mais parfois, la vraie réponse, c’est de revenir aux fondations. Celles qui parlent de pourquoi tu es là, de ce que tu veux vraiment créer, et de comment tu veux te sentir au quotidien.
Ces cinq questions ne sont pas des cases à cocher. Ce sont des points de départ. Des ouvertures. Tu peux y revenir à chaque saison, à chaque changement de cap. Tu peux t’en servir pour écrire, réfléchir ou simplement ressentir.
Toutes ces questions, on peut se les poser ensemble pour que je t’aide à prendre de la hauteur avec mon accompagnement Copilote Alchimique.
1. Pourquoi j’ai lancé cette activité ?
C’est une question qu’on oublie vite, une fois les mains dans l’opérationnel.
Tu as peut-être démarré pour être libre, pour créer un métier sur-mesure, pour suivre un élan fort. Mais aujourd’hui, est-ce que cette raison tient encore ? Est-ce qu’elle te porte toujours, ou est-ce que tu l’as perdue de vue dans le tumulte des tâches, des urgences, des “il faut” ?
⭐ Revenir à ton intention première, ce n’est pas de la nostalgie. C’est un acte de recentrage. Et parfois, ça permet de voir que ce que tu fais n’a plus rien à voir avec ce que tu voulais vivre.
2. Quelles valeurs je refuse de trahir ?
Quand on commence à faire des compromis sur ses valeurs, ce n’est pas toujours spectaculaire. Ça commence par de petits glissements : un client qu’on accepte alors qu’on sent qu’il y a un “non”, un message qu’on formule de manière trop lisse pour faire plaisir à l’algorithme, une décision prise par peur de manquer.
Mais à force, on finit par se sentir étrangère à son propre projet. Et le corps ne ment pas : fatigue, perte d’élan, sensation d’être “à côté”.
⭐ Identifier les valeurs non négociables, c’est poser des garde-fous pour que ton activité soit un prolongement de toi, pas un rôle à jouer.
3. Quels signaux me montrent que je me perds en route ?
Tu n’as pas besoin d’attendre le burn-out ou la crise de sens pour t’interroger. Parfois, ce sont des signes discrets mais persistants :
- Tu procrastines, pas par paresse, mais par lassitude.
- Tu n’as plus envie de communiquer.
- Tu ressens un flou autour de ton offre.
- Tu t’éparpilles dans tous les sens ou tu as envie de tout laisser tomber.
⭐ Ces signaux ne sont pas des échecs mais des messages d’alerte, des invitations à réajuster. Encore faut-il apprendre à les écouter, sans les balayer d’un revers de to-do list.
4. Quelle place je laisse à mon rythme, à mes émotions ?
Dans un monde qui glorifie la constance et la productivité, parler de rythme personnel peut sembler “luxe” ou “faiblesse”. Mais si tu es entrepreneuse solo, ton activité dépend directement de ton énergie. Et si tu es multipotentielle, sensible, créative, ton énergie fluctue. C’est normal !
- Alors, quelle place tu donnes à ça ?
- Est-ce que tu t’accordes des temps morts ?
- Est-ce que tu respectes tes cycles, tes envies, ta météo intérieure ?
- Est-ce que tu continues de forcer, de coller à un agenda qui ne te respecte pas ?
⭐ Reprendre la main sur ton rythme, ce n’est pas ralentir pour ralentir, c’est reprendre du pouvoir sur ton mode de fonctionnement. C’est créer un business qui suit ton souffle, et pas celui d’un système extérieur.
5. Qu’est-ce qui me donne du pouvoir (au bon sens du terme) ?
Le mot “pouvoir” peut faire peur. Il est souvent associé à la domination, à la compétition. Mais ici, on parle d’un pouvoir intérieur. Celui qui te fait dire “je choisis”, “je crée”, “je décide”.
Alors, qu’est-ce qui te redonne ce pouvoir-là ? Est-ce que c’est :
- la clarté de ton intention ?
- La solidité de tes offres ?
- La connexion à tes clientes ?
- Ta liberté d’organisation ?
- Le plaisir de créer ?
Et surtout : est-ce que tu t’autorises à l’exercer, ce pouvoir ?
Ou est-ce que tu le délègues, par crainte de mal faire, par besoin d’approbation ou par loyauté à un système qui ne te ressemble pas ?
⭐ Reprendre du pouvoir, c’est revenir au centre. Ce n’est pas faire plus. C’est faire depuis un endroit plus juste.
Et si entreprendre redevenait un acte vivant ?
Entreprendre, c’est bien plus qu’une stratégie ou un statut administratif. C’est un engagement. Une manière de se positionner dans le monde. Une façon de dire : je choisis ce que je veux créer, transmettre, incarner. Mais dans un écosystème saturé d’injonctions et de modèles préfabriqués, ce choix peut perdre de sa clarté. On finit par confondre le but et les moyens, l’élan initial et la mécanique quotidienne.
Revenir à l’essentiel, c’est créer de l’espace pour entendre à nouveau ce qui t’anime profondément. C’est retrouver la trace de ton intention de départ, la couleur de ton rythme, la texture de ta vision. C’est reconnaître que ton entreprise n’a pas à ressembler à un modèle idéalisé pour être juste.
🧩 Elle peut être organique, mouvante, imparfaite.
🧩 Et pourtant profondément alignée.
Entreprendre autrement, de manière plus lucide et plus incarnée, c’est accepter que ce chemin ne se mesure pas en nombre d’abonnés ou en chiffres d’affaires mensuel. C’est un chemin d’exploration, parfois lent, souvent exigeant, mais toujours riche quand il reste connecté à qui tu es. Tu n’as pas besoin de faire plus. Tu as peut-être juste besoin de te rappeler pourquoi tu as commencé.
Entreprendre autrement commence souvent par un échange, un partage, un regard neuf. Alors, si tu veux approfondir ces réflexions ou poser tes questions, je t’invite à poser quelques mots en commentaire ⭐ Parce qu’ensemble, il est toujours plus facile de retrouver son rythme et sa voie.
